mercredi 17 novembre 2010

Le redécoupage Marleix en Mayenne

Non prévu dans le projet initial, ce nouveau tracé fait suite aux commentaires de la commission constitutionnelle sur le redécoupage. Les changements concernent les urbains et péri-urbains de la région de Laval
1ere circonscription (Laval-Est)
Cette circonscription perd sa partie ouest, avec le départ de Laval Nord-Ouest et Saint-Berthevin. Représentée par le PS depuis 2007, elle se "gauchit" ainsi légèrement. Depuis sa création en 1973, Laval Nord-Ouest penche globalement à droite, même s'il a basculé à gauche en 2004. Quant à Saint-Berthevin, qui a été découpé en 1985 à partir d'anciens cantons de Laval, il n'a jamais élu de conseiller de gauche. Face à une préfecture aux mains de la gauche depuis 2008, les campagnes risquent de peser assez peu. Renforcé par les dernières municipales, le député socialiste Guillaume Garot devrait être assez facilement réélu. La recomposition du centre devrait peser sur l'UMP, encore marquée par les défaites de François d'Aubert en 2007 et 2008. Plusieurs candidats pourrait émerger, comme la conseillère générale de Bais Marie-Cécile Morice, ou son collègue de Pré-en-Pail Yves Cortès.
2e circonscription (Château-Gontier)
En échangeant Loiron, qui vote à droite depuis 1973, contre Saint-Berthevin, qui n'a jamais élu de conseiller de gauche, la droite fait, sur le papier, une bonne affaire. A part Meslay-du-Maine, qui ne vote à droite "que" depuis 1976, cette nouvelle 2e n'abrite que des cantons favorables à cette sensibilité (en bleu foncé sur la carte). Mais ce presque unanimisme ne pourrait être qu'une façade. En 2007, Marc Bernier, député UMP, avait du batailler ferme contre la candidate soutenue par François Bayrou pour retrouver son siège. Les élections de 2012 sont encore loin, et le centre semble avoir amorcé une recomposition. Si Marc Bernier ne parvient pas à rassembler autour de lui, il pourrait retrouver d'autres prétendants sur sa route. Que fera le conseiller Nouveau Centre de Saint-Berthevin Marcel Rousseau? Et Elisabeth Doineau, sa collègue de Saint-Agnan-sur-Roë, qui était au second tour en 2007 et est restée fidèle au MoDem? Sans oublier le sénateur Jean Arthuis, leader de l'Alliance centriste et implanté à Château-Gontier, qui pourrait soit siffler la fin de la récréation, soit jeter de l'huile sur le feu. Quant à la gauche, assez mal implantée dans le secteur, elle ne devrait que compter les points, à moins qu'une triangulaire la mette en selle.
3e circonscription (Laval-Ouest, Mayenne)
Le secteur change assez peu, en perdant Laval Nord-Est mais en gagnant Loiron. De quoi renforcer légèrement le député UMP sortant Yannick Favennec, qui a été réélu au premier tour en 2007, mais a été assez nettement battu aux municipales de 2008 à Mayenne, une ville de gauche dont il tentait de s'emparer sur la lancée des législatives. Ici, la question sera surtout de savoir si la gauche, qui pourrait être représentée par le maire de Mayenne Michel Angot, sera en mesure de mettre le sortant en difficulté, dans cette circonscription marquée à droite, surtout sur ses marges nord.
A quoi faut-il s'attendre...
Sauf raz-de-marée de gauche dans la foulée d'une présidentielle gagnée par le PS, la droite devrait conserver ses deux circonscriptions. Mais quelle droite? Si, dans la 3e, Yannick Favennec semble moins fragilisé, Marc Bernier pourrait faire les frais, dans la 2e, du contexte national régnant à droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 11 octobre 2010

Le redécoupage Marleix dans la Marne

En perdant une circonscription, la Marne gagne un découpage moins torturé, même si la ville principale, Reims, est désormais ventilée sur quatre sièges au lieu de trois précédemment.
1ere circonscription (Reims-Nord)
Ce secteur se trouve profondément modelé. Il ne garde que les cantons II et VI de Reims. Le reste se compose des cantons IV et X et de celui, péri-urbain, de Bourgogne. Les cartes sont rebattues mais cela ne devrait rien changer à la géographie électorale. Sur le papier, cette circonscription reste ancrée à droite, n'abritant qu'un seul canton (Reims IV) penchant à gauche depuis sa création. Cependant, le PS détient le VI depuis 2004 et le X depuis 2008. La question, en 2012, sera de savoir si le jeune député UMP Arnaud Robinet, qui a succédé en 2008 au très contesté Renaud Dutreil, est suffisamment renforcé face à une éventuelle victoire de la gauche à la présidentielle. Il pourrait trouver sur sa route Sabrina Ghallal, conseillère de Reims IV.
2e circonscription (Reims-Sud)
La principale ville du département est ici aussi sérieusement redécoupée, puisque ne subsiste de l'ancienne 2e que le canton de Reims III, associé avec des chutes des anciennes 1ere (Reims I et V) et 3e (Reims VIII). L'ensemble glisse vers l'ouest, en perdant Verzy et en gagnant la partie ouest de Châtillon-sur-Marne. Le glissement se produit également vers la droite, avec la perte de deux réservoirs de gauche, Reims VII et IX. L'arrivée de Reims VIII, qui vote à gauche depuis sa création en 1973, contrebalancera-t-elle les cantons péri-urbain du flanc ouest, classés globalement de droite depuis 1958? C'est ce qu'espère la gauche, qui pourrait présenter la socialiste Adeline Hazan, qui a remporté la mairie en 2008, face à la députée UMP Catherine Vautrin. Ici aussi, les résultats de la présidentielle seront déterminants.
3e circonscription (Reims-Epernay)
En franchissant la Montagne de Reims, l'ancienne 6e circonscription est devenue la nouvelle 3e. Elle perd au passage Sézanne et la partie ouest de Châtillon-sur-Marne, mais gagne Avize, Verzy et Reims IX. Ce dernier canton a toujours été représenté par un socialiste depuis sa création en 1982, mais les deux autres n'ont jamais voté à gauche sous la Ve République. Cette partie de l'agglomération rémoise sera donc noyée dans les suffrages de droite de la région d'Epernay. En 2012 se posera surtout la question de la candidature à droite. Le député UMP conservateur Philippe Martin, soutenu par les milieux viticoles, en place depuis 1993, se représentera-t-il? Ou laissera-t-il la place au maire UMP d'Epernay Franck Leroy, ce qui pourrait favoriser une triangulaire avec le FN? Un maigre espoir pour la gauche, qui pourrait investir Marc Lefèvre, membre de l'opposition municipale à Epernay, ou Dominique Lévêque, conseiller général PS d'Ay.
4e circonscription (Reims-Châlons)
Ce secteur s'épaissit, en gagnant le fief de droite de Suippes, le canton de Beine-Nauroy, anciennement de tendance radicale et votant régulièrement à droite depuis 1985, et Reims VII, élisant des conseillers communistes dès sa création en 1973, puis socialistes depuis 1982. En contrepartie, il perd Marson, classé plutôt à droite (en bleu clair sur la carte). Sur le papier, la gauche est donc légèrement favorisée au plan démographique. Cependant, une conquête depuis une base rémoise semble peu probable. D'abord en raison de la rivalité naturelle entre la ville du sacre des rois de France et la préfecture, tenue par la droite depuis 1995. Seule une large victoire de la gauche à la présidentielle de 2012 pourrait inquiéter le jeune ministre du Logement Benoist Apparu, qui a laissé les clefs de la circonscription à Bruno Bourg-Broc, maire UMP de Châlons et député entre 1982 et 2007. Le PS pourrait laisser Alain Biaux, conseiller général écologiste de Châlons III, monter à l'assaut.
5e circonscription (Vitry-le-François)
Seule circonscription ne comprenant aucun canton rémois, elle s'agrandit sur ses marges, en gagnant Marson et Sézanne, deux cantons penchant plutôt à droite, de tradition respectivement modérée et radicale. Pas de quoi déstabiliser le député Nouveau Centre sortant, Charles-Amédée de Courson, qui a l'avantage d'être un élu rural dans ce secteur peu urbanisé, et de marquer sa différence en tant que centriste. De plus, la remise en selle du socialiste Jean-Pierre Bouquet, lors des municipales de 2008 à Vitry-le-François (où il fut maire de 1989 à 1995), pourrait l'inciter à se présenter. L'homme est certes incontournable mais ne représente pas vraiment le renouvellement: il a déjà été député entre 1988 et 1993, avant d'être battu par l'actuel titulaire du siège. Cependant, il faudra également surveiller en 2012 le FN, qui fait preuve d'une certaine vitalité dans les campagnes marnaises.
A quoi faut-il s'attendre...
L'objectif d'Alain Marleix semble ici assez clair, bien que justifié par la démographie. En éclatant Reims sur quatre circonscriptions, dont deux abritant des villes rivales et de droite, le redécoupage tend à affaiblir le principal foyer de gauche dans ce département conservateur. Le PS, qui détenait deux sièges sur six entre 1988 et 1993, pourrait au mieux en récupérer deux sur cinq, surtout si le FN vient brouiller les cartes.
Emmanuel SAINT-BONNET

mardi 28 septembre 2010

Création du cabinet Atlaspol Consultants et Solutions

Le cabinet d'expertise, d'analyse et de prospective Atlaspol (Consultants et Solutions, Siret 52514615500011) a été créé lundi 27 septembre à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) par votre serviteur, Emmanuel Saint-Bonnet, journaliste et diplômé en Histoire à l'université Pierre-Mendes-France (Grenoble II).
Cette entreprise individuelle réalisera, pour les élus, les mouvements politiques et les candidats aux élections, des diagnostics électoraux de territoire. Il s'agira exclusivement de micro-géopolitique, à l'échelle des communes, des cantons et des circonscriptions législatives.
Elle proposera également des solutions pour campagnes électorales: coaching légal et rédactionnel, distribution de la propagande, mise en contact avec la presse.
Sa vitrine est le site www.atlaspol.com, l'atlas électoral de la France en ligne.
Pour tout renseignement: atlaspol@sfr.fr.

jeudi 19 août 2010

Le redécoupage Marleix dans la Manche

Encore très rurale, la péninsule du Cotentin perd un siège à l'Assemblée nationale et se retrouve avec un découpage plutôt cohérent. Peut-être parce que la majorité, ici, risque assez peu, diront les détracteurs d'Alain Marleix.
1ere circonscription (Saint-Lô)
Cette nouvelle 1ere mord sur l'est de l'ancienne 4e, et récupère donc les cantons de Montebourg et Sainte-Mère-Eglise, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958, ce qui la fera encore plus pencher à droite. Pas de souci en vue donc pour le député UMP sortant, Philippe Gosselin, qui pourrait affronter un élu du bassin de Saint-Lô, seul secteur de la circonscription où la gauche est bien implantée, sans doute le socialiste Jean-Karl Deschamps.
2e circonscription (Granville)
Ce secteur ne gagne qu'un seul canton mais pas des moindres: Granville. Plutôt fragile pour la majorité, avec un chef-lieu ayant basculé à gauche en 2008, il devrait cependant être noyé dans un océan de droite. La carte révèle que la majorité des cantons de cette circonscription a toujours été fidèle à cette sensibilité depuis 1958 (bleu foncé). La situation actuelle n'est guère différente. Le PS ne détient que La Haye-Pesnel (depuis 2008) et ses alliés divers gauche Pontorson (depuis 1998) et Saint-James (depuis 2002). L'implantation de la gauche est donc ici trop récente, mis à part à Pontorson qui avait déjà élu un conseiller PS en 1976, et dans le vieux fief radical, passé à droite en 1964, de Saint-Hilaire-du-Harcouet. Elle ne devrait pas trop inquiéter le député UMP Guénhaël Huet. L'élection de 2012 pourrait tourner à un duel entre les maires des deux grandes villes de la circonscription, à savoir M. Huet à Avranches et le radical de gauche Daniel Caruhel, à Granville.
3e circonscription (Valognes)
Privée de la ville de Granville, cette circonscription récupère le plus gros de l'ancienne 4e, abritant la plus grande partie de la côte ouest. L'opération n'est pas anodine pour la majorité. Elle va consister en l'arrimage des zones rurales conservatrices de l'ancienne 3e avec les cantons bien plus tangents de la 4e, sous la pression de l'agglomération de Cherbourg-Octeville. Trois gros dominos sont ainsi tombés à gauche: Barneville-Carterêts en 1998, Les Pieux en 2001 et surtout Valognes en 2004, ainsi que Coutances, plus au sud, la même année. Deux lourdes défaites à l'époque, puisque essuyées par les députés UMP de deux circonscriptions, Claude Gatignol et Alain Cousin. Davantage que la géographie électorale, globalement favorable, tout de même, à l'UMP, se posera la question du renouvellement des cadres. Les deux hommes, en effet, ont été élus pour la première fois en 1988. Le parti majoritaire pourrait pousser une nouvelle tête, comme le maire UMP de Coutances Yves Lamy. A moins que le siège ne soit réservé à un allié du Nouveau Centre, comme le maire de Valognes Jacques Coquelin. La gauche pourrait ainsi voir s'entrouvrir une fenêtre de lancement, peut-être avec le conseiller général PS de Valognes Yves Neel.
4e circonscription (Cherbourg-Octeville)
L'ancienne 5e s'étend désormais sur tout le littoral nord, en gagnant les cantons de Quettehou et surtout de La Hague. Cette nouvelle configuration pourrait bien gêner la gauche dans ce secteur, le seul qu'elle domine régulièrement sur toute la péninsule. Au plan de la géographie électorale, ces ajouts devraient peu la perturber. Même s'ils sont classés plutôt de droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), les changements sociologiques en cours sur ces territoires devraient cependant renforcer la tendance observée depuis très longtemps dans l'agglomération de Cherbourg-Octeville, et qui se manifeste ici par trois points rouges jamais passés à droite depuis leur création: Cherbourg-Octeville Sud-Ouest, Equeurdreville-Hainneville et Tourlaville. En revanche, l'arrivée du très symbolique canton de La Hague, qui abrite le centre de retraitement des déchets nucléaires, une installation qui a fait émerger ici, plus tôt qu'ailleurs, un électorat écologiste, devrait inciter Europe-Ecologie et Les Verts à une campagne active en 2012. Elle pourrait être incarnée par Didier Anger, vieil opposant au centre de retraitement et candidat de la gauche plurielle dans l'ancienne 4e, en 1997. Un caillou vert suffisant pour faire trébucher le député socialiste Bernard Cazeneuve, qui bénéficie de nombreuses voix de gauche mais également pro-nucléaires? C'est ce qu'espère la droite, au sein de laquelle l'ancien député UMP (2002-2007) Jean Lemière pourrait faire un retour, dans ce secteur qui a toujours zappé depuis 1988.
A quoi faut-il s'attendre...
Il sera assez difficile, mais pas impossible (surtout en cas de victoire à la présidentielle), pour la majorité UMP, de ne pas perdre un siège. La reconquête de la nouvelle 4e est loin d'être gagnée, et le jeu pourrait s'ouvrir dans la 3e si le contexte national ne s'arrange pas pour la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 9 août 2010

Le redécoupage Marleix en Lozère

Véritable symbole des déséquilibres démographiques pouvant justifier un redécoupage législatif, la Lozère, le département le moins peuplé de la métropole, se retrouve donc avec une circonscription unique, née de la fusion des deux prééxistantes. Ces dernières, il est vrai, abritaient moins d'électeurs que certains cantons dans des "gros" départements.
Circonscription unique
Sur le papier, ce siège est promis à la droite. La carte des tendances depuis 1958 (ci-contre) montre du bleu presque partout, sauf sur les quatre cantons cévenols du coin sud-est, qui d'ailleurs affichent un rouge révélant qu'ils n'ont jamais basculé à droite sous la Ve République. La situation actuelle s'avère moins clivée. Au conseil général, la gauche a débordé à l'ouest vers la vallée du Tarn et surtout au nord en direction des villes de Mende et Langogne. Pour conserver ce siège de député, la majorité devra prendre en compte au moins deux facteurs. D'abord ces deux communes, qui ont basculé à gauche lors des municipales de 2008, pourraient devenir des réservoirs de suffrages pour l'opposition. Elles se trouvaient dans l'ancienne 1ere circonscription, conquise à la surprise générale par le PS en 1997. Ensuite la disparition de l'ancien maire centriste de Mende Jean-Jacques Delmas, en 2010, posera la question de l'attitude de l'électorat du centre, relativement important sur cette terre catholique, qui n'est pas à l'abri d'un réalignement à la bretonne (sanction contre les centristes de l'UMP par un vote à gauche au second tour). A cet égard, les cantonales de 2011 seront cruciales pour l'UMP, qui mécaniquement perd un siège. Le département est en effet plus facile à tenir par deux députés, que par un seul, davantage exposé aux basculements. Le parti majoritaire devra surtout choisir qui des deux sortants investir: Francis Saint-Léger ou Pierre Morel? La solution pourrait être d'exfiltrer l'un des deux vers le Sénat en septembre 2011. L'opération sera très peu risquée (à moins d'une surprise comme dans le Cantal en 2008) mais elle supposera le retrait du puissant Jacques Blanc, véritable champion de la survie politique. Au PS, où l'on ne manquera pas d'observer ces opérations avec une certaine gourmandise, le choix pourrait se porter sur le maire de Langogne Guy Malaval, le conseiller du même canton Gérard Souchon, ou Dominique Aulas, opposante locale à Jacques Blanc. A moins que cette circonscription ne soit réservée à un allié, comme le conseiller général radical de Florac Alain Argilier, ou simplement le maire divers gauche de Mende Alain Bertrand.
A quoi faut-il s'attendre...
Pas mal de projecteurs devraient être braqués sur la Lozère en 2012. Ce scrutin apportera quelques éléments de réponse à cette question: les derniers succès locaux de la gauche sont-ils conjoncturels ou le signe avant-coureur d'un réalignement de l'électorat lozérien, comme une réponse au phénomène de varisation (glissement à droite de secteurs acquis de longue date à la gauche) constaté dans le sud du Languedoc-Roussillon?
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 22 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loiret

La création d'un sixième siège occasionne un fort redécoupage, surtout dans l'est du département, l'agglomération orléanaise étant peu concernée. Ailleurs, les détracteurs d'Alain Marleix y verront sans doute des velléités de gerrymandering.
1ere circonscription (Orléans-Sud)
Le secteur se recentre sur l'agglomération orléanaise en perdant le canton de La Ferté-Saint-Aubin. Il glisse ainsi légèrement vers la gauche, mais les rapports de force semblent encore favorables à la droite. Celle-ci tient sans discontinuer le canton de Saint-Jean-de-Braye depuis sa création en 1982. La gauche, de son côté, domine celui d'Orléans - La Source sur la même période. Elle est bien implantée à Beaugency, mais les trois autres cantons sont globalement dominés par la droite. Même s'il risque de ne pas retrouver les mêmes écarts que ceux de son oncle et prédécesseur Antoine, le député UMP Olivier Carré part avec de sérieuses chances de réélection pour 2012. Il pourrait retrouver sur sa route la socialiste Marie-Madeleine Mialot.
2e circonscription (Orléans-Ouest)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Gien)
Cette circonscription, qui allait de l'est orléanais aux portes de Gien, est complètement remodelée. Elle perd sa partie nord et récupère des débris des anciennes 1ere et 4e. Formée autour de la ville de Gien, elle incorpore désormais les cantons de la bande sud du département. Mis à part les cantons de Briare et Châtillon-sur-Loire, celle-ci est dominée par la droite. Quatre cantons sur sept sont d'ailleurs actuellement détenus par l'UMP. Le sortant de l'ancienne 3e, l'UMP Jean-Louis Bernard, étant implanté à Orléans, le parti majoritaire pourrait orienter son choix vers le maire de Gien Jean-Pierre Hurtiger ou vers celui de Sully-sur-Loire Daniel Sablon. Le PS, dont les chances de victoires s'avèrent minces, pourrait investir le maire de La Ferté-Saint-Aubin Philippe Froment ou son collègue de Jargeau Jean-Marc Gibey.
4e circonscription (Montargis)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd sa partie sud, la plus rurale, pour se recentrer autour de Montargis, la deuxième agglomération du département. Celle-ci est dominée par la droite, que ce soit dans le centre-ville que dans sa banlieue sud. La gauche reste davantage présente dans sa banlieue nord, renforcée par l'apport de Ferrières-en-Gâtinais, qui lui est favorable depuis 1958, mais ayant cepandant un conseiller divers droite depuis 2008. Réélu dès le premier tour en 2007, le député-maire UMP de Montargis Jean-Pierre Door n'a pas trop de souci à se faire dans cette nouvelle configuration, les autres cantons penchant à droite. Il devra cependant garder un oeil sur le FN, que le redécoupage pourrait aider à se maintenir au second tour. Le PS, quant à lui, pourrait investir François Bonneau, président du conseil régional.
5e circonscription (Fleury-les-Aubrais)
Cette circonscription s'est contractée vers l'ouest, mais sa configuration reste la même: faire cohabiter une partie du nord de l'agglomération orléanaise, à savoir le canton cheminot de Fleury-les-Aubrais, autrefois dominé par le PCF, aujourd'hui détenu par le PS avec une forte concurrence centriste, avec le nord du département en contact avec la pression foncière francilienne mais toujours sous influence de la droite (cantons de Malesherbes et Outarville), la ville beauceronne de Pithiviers, à l'identité politique assez floue, constituant le centre de gravité. Sur le papier, la droite est assurée de l'emporter en 2012. Cela pourrait être le baptême du feu de Marianne Dubois, devenue députée en 2009 après le décès de Jean-Paul Charié, héritier d'une dynastie gaulliste dominant le secteur depuis 1958. Le PS pourrait lui opposer Carole Canette.
6e circonscription (Orléans-Est)
Pour les détracteurs d'Alain Marleix, cette nouvelle circonscription est une "salamandre" (gerrymandering, du nom d'un gouverneur américain du XIXe siècle, redoutable créateur de circonscriptions électorales biscornues destinées à faire perdre l'adversaire). Paradoxalement, ce pourrait être la seule, dans ce redécoupage du Loiret, où l'opposition aurait des chances de gagner. Certes, il s'agit d'une bande étroite, comprenant le nord-est de l'agglomération orléanaise et deux cantons péri-urbains situés en amont, dans la vallée de la Loire. Ces derniers penchent à droite depuis 1958. Si Châteauneuf-sur-Loire élit régulièrement cette tendance depuis 1973, celui de Lorris a un conseiller divers gauche depuis 1992. Seul le canton d'Orléans-Bourgogne n'a jamais voté pour la gauche depuis 1958, mais son voisin de Saint-Marc - Argonne affiche une tradition radicale aujourd'hui favorable au PS. Quant à la banlieue, elle est aujourd'hui dominée par ce dernier. L'UMP part avec un handicap supplémentaire: Jean-Louis Bernard, sortant de la 3e mais élu du secteur, est présent dans le paysage politique local depuis 1988. La question de sa succession pourrait se poser, notamment avec Florent Montillot, membre de la majorité municipale à Orléans. A gauche pourraient se présenter les socialistes David Thiberge ou Micheline Prahecq, ou même le Vert Thierry Soler, élu conseiller général de Chécy en 2008.
A quoi faut-il s'attendre...
Tout en préservant l'existant à droite, ce redécoupage assez lourd pourrait donner un os à ronger à la gauche, qui conserve de sérieuses chances de conquête dans la 6e nouvellement créée, et de rééquilibrage dans la 1ere remodelée.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 21 juillet 2010

Le redécoupage Marleix en Loire-Atlantique

Le remodelage reste modeste en Loire-Atlantique. Seules les trois circonscriptions du nord du département sont concernées, et encore de manière peu importante.
1ere circonscription (Nantes I, VI, VII)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Nantes II, III, IV, IX)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Nantes V, XI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Nantes X)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Nantes VIII)
Avec l'accroissement démographique de l'agglomération nantaise, cette circonscription perd ses cantons les plus lointains et se recentre en gagnant Nort-sur-Erdre. Elle glisse aussi légèrement à gauche. Certes, elle perd Varades, qui a globalement voté à gauche depuis 1958, au profit de Nort-sur-Erdre, qui penche plutôt de l'autre côté sur la même période, mais elle voit surtout partir le canton d'Ancenis, qui n'a jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De plus, l'agglomération nantaise est représentée ici par un canton VIII qui n'a jamais voté à droite depuis sa création en 1973. De quoi renforcer le député socialiste sortant Michel Ménard. Il pourrait se voir opposer Robert Diat, son prédécesseur UMP. A moins que la majorité ne s'ouvre avec Claude Guillet, le maire sans étiquette de Carquefou.
6e circonscription (Châteaubriant)
C'est ici la seule circonscription redécoupée à s'élargir. Même si elle perd Nort-sur-Erdre, elle récupère quatre cantons de l'ancienne 5e et un de l'ancienne 7e. Quatre de ces nouveaux venus penchent à droite depuis 1958. De quoi renforcer la famille modérée puis gaulliste des Hunault, qui domine le secteur depuis 1962. Si Michel, député depuis 1993, s'efface en 2012, il pourrait laisser la place à son frère Alain, maire UMP de Châteaubriant. A gauche, les chances de basculement résident aujourd'hui dans les rapports de force. Sur les treize cantons qui composent cette circonscription, neuf sont à gauche. Cependant, huit de ces conseillers ne portent pas d'étiquette, signe de cette notabilisation des élus encore répandue dans l'Ouest. Alain Hunault devra jouer là-dessus, et surveiller aussi bien le PS, qui pourrait investir le maire de Blain Daniel Leroux, ou Pascal Bioret, son opposant à Châteaubriant, que le maire centriste d'Ancenis Jean-Michel Tobie.
7e circonscription (Guérande)
Ancienne terre d'élection du baron gaulliste Olivier Guichard, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Saint-Nicolas-de-Redon, réputé moins sûr pour la droite depuis 2001. Restent six cantons, deux détenus par le PS mais penchant globalement à droite depuis 1958, Guérande et Herbignac (en bleu clair sur la carte), l'un dans le même cas mais détenu par l'UMP (Le Croisic), les trois autres n'ayant jamais failli à cette sensibilité sur cette même période (en bleu foncé). Le député UMP sortant Christophe Priou aura beau jeu de s'appuyer sur la zone balnéaire, gros réservoir de voix de droite, et surtout seul secteur du département où la majorité ne recule pas (rebasculement à droite de Pornichet lors des municipales de 2008). Face à lui, le PS, qui pourrait être incarné par l'ancien "bébé Ségolène" Adeline L'Honen ou par le maire d'Herbignac Pascal Noël-Racine, ne pourra compter que sur les changements sociologiques à l'oeuvre dans l'arrière-pays, et sur le vieux bastion du communisme sardinier de La Turballe. Une éventuelle division de la droite locale, endémique depuis le retrait d'Olivier Guichard, pourrait lui donner un coup de pouce, comme en 1997.
8e circonscription (Saint-Nazaire)
Cette circonscription reste inchangée.
9e circonscription (Pornic)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Vertou)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage devrait, sur le papier, renforcer les sortants dans la 5e et la 7e. La situation dans la 6e est plus atypique. L'élection de 2012 devrait y déterminer laquelle de ces deux dynamiques, entre le poids de la notabilité et la progression continue de la gauche sur le terrain, l'emportera.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 15 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans la Loire

Perdant un siège dans l'agglomération stéphanoise, pour raisons démographiques, le département de la Loire est assez fortement redécoupé.
1ere circonscription (Saint-Etienne Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Saint-Etienne Sud)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont cantonné l'agglomération stéphanoise dans les deux premières circonscriptions. Alors que la première, comprenant les quatre cantons du nord de la préfecture, reste inchangée, cette nouvelle deuxième récupère celui de Sud-Ouest II, qui figurait dans l'ancienne quatrième, avec des cantons péri-urbains et ruraux. Cet ajout ne devrait cependant pas perturber les équilibres électoraux actuels. Alors que les quatre cantons originels sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), Saint-Etienne Sud-Ouest II s'avère davantage tangent (en gris sur la carte), n'ayant jamais voté pour la même sensibilité plus de deux mandats à la suite, depuis sa création en 1973. Il est cependant représenté par le PS depuis 1998. Droite et gauche se partagent équitablement les quatre autres. Les enjeux de 2012 seront sans doute très nationaux, dans cette circonscription urbaine et populaire, qui a basculé à gauche en 2007, vraisemblablement avec l'effet "TVA sociale". Le député socialiste sortant Jean-Louis Gagnaire partira avec la prime au sortant. L'UMP pourrait investir le conseiller de Saint-Etienne Sud-Est III Jean-Jacques Rey. Elle devra surveiller le niveau du FN, ainsi que le Nouveau Centre qui pourrait se placer en embuscade.
3e circonscription (Saint-Chamond)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Firminy)
En perdant un canton de Saint-Etienne, cette circonscription a glissé vers le Nord en contournant l'agglomération stéphanoise par l'Ouest. Un peu moins urbaine que la mouture précédente, cette nouvelle 4e est également un peu plus marquée à droite. Notamment avec les cantons de Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Just-Saint-Rambert, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De quoi donner un peu d'oxygène à Dino Cinieri, député UMP abonné aux victoires étriquées et affaibli par la perte de sa mairie de Firminy en 2008. Relativement mal implanté dans ce secteur, le PS pourrait investir Jean-Paul Chartron. La concurrence pourrait être rude avec le Front de gauche dans cet ancien fief communiste. Le score du FN sera aussi à surveiller.
5e circonscription (Roanne)
Avec la 6e, c'est la circonscription la plus redécoupée. Jusque-là divisé selon un axe Est-Ouest, le Nord du département se scinde en deux parties Nord et Sud. Découpée autour de Roanne, cette nouvelle 6e occupe la partie nord. La stratégie d'Alain Marleix ressemble un peu ici à ce qui s'est passé dans la 4e: desserrer l'étreinte autour d'un sortant UMP fragilisé. Réélu de peu en 2007, battu aux municipales de 2008, Yves Nicolin pourra davantage s'appuyer sur des cantons ruraux nouveaux venus et solidement ancrés à droite: Belmont-de-Loire et Saint-Symphorien-de-Laye. Cependant, en zone urbaine, la dynamique de gauche pourrait se poursuivre avec la socialiste Laure Laroche, qui a pris la mairie de Roanne à Yves Nicolin en 2008.
6e circonscription (Feurs-Montbrison)
Ce nouveau siège rassemble les débris de l'ancienne 7e et quelques cantons du sud des anciennes 5e et 6e. Sur le papier, elle s'annonce assez solidement arrimée à droite. Seul le canton de Boën penche plutôt à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte). Le problème pour la majorité sera surtout de trouver un bon candidat. Présent dans le paysage politique depuis 1978, Pascal Clément, sortant de la 6e, pourrait ne pas se représenter. Tout comme Jean-François Chossy, député de l'ancienne 7e, élu pour la première fois en 1993. L'UMP pourrait alors investir Liliane Vaginay, proche de Pascal Clément. Le PS, de son côté, pourrait lui opposer Liliane Faure, maire de Montbrison.
A quoi faut-il s'attendre...
Bien qu'assez lourd, ce remodelage ne devrait pas, en tant que tel, menacer le sortant PS dans la 2e. Il pourrait au contraire constituer une digue contre une éventuelle vague rose. Si la 6e paraît solide pour l'UMP et la 4e à peu près sûre, Yves Nicolin semble cependant davantage menacé dans la 5e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 4 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loir-et-Cher

Le redécoupage est ici très modeste. Il ne porte que sur un seul canton, après avis de la commission Guéna.
1ere circonscription (Blois)
Alain Marleix a suivi les recommandations de la commission constitutionnelle, qui préconisait le transfert du canton d'Herbault vers la 3e circonscription, pour cause de déséquilibre démographique. Le départ de ce secteur péri-urbain renforce le poids de l'agglomération blésoise, globalement dominée par la gauche. Ce qui, en 2012, pourrait favoriser le maire socialiste de Blois Marc Gricourt, et un peu plus fragiliser le député Nouveau Centre sortant Nicolas Perruchot, déjà déstabilisé par la perte de la préfecture en 2008. L'hypothèse ou non d'une candidature NC à la présidentielle sera déterminante sur l'éventuelle présence d'une UMP assez faible dans le secteur. Sans oublier un MODEM en embuscade derrière la sénatrice Jacqueline Gourault, très bien implantée ici.
2e circonscription (Romorantin-Lanthenay)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Vendôme)
L'arrivée du canton péri-urbain d'Herbault, à gauche depuis 2001 mais globalement à droite sur la période 1958-2008, accentue l'aspect "marécageux" de cette circonscription. Depuis 1958, seul le canton de Mer a toujours voté à droite (en bleu foncé sur la carte). La gauche a globalement dominé Vendôme et les campagnes à l'ouest de cette agglomération (en orange), les autres cantons optant plutôt pour la droite (en bleu clair). Dans ce secteur traditionnellement de gauche mais dominé par le centre-droit depuis 1968, le député NC sortant Maurice Leroy, président du conseil général, reste à l'aise. A moins qu'il ne perde ce dernier levier de commande lors des cantonales de 2011, il devrait assez facilement battre le PS, qui pourrait être représenté par Catherine Lockhart, maire de la ville-centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage à la marge a de fortes chances de menacer la majorité dans la 1ere circonscription mais ne devrait guère changer la donne dans la 3e.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 23 juin 2010

Le redécoupage Marleix dans les Landes

Le redécoupage de ce département n'était pas prévu dans le premier projet. Mais le transfert d'un canton de la 2e à la 3e circonscription, préconisé par la commission constitutionnelle, a été retenu, d'où l'aspect modeste de ce remodelage.
1ere circonscription (Mont-de-Marsan)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Dax)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Peyrehorade. Classé globalement à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte), il est détenu par le PS depuis 1979. Une modification à la marge qui ne devrait pas bouleverser la géopolitique du secteur. D'autant plus que le basculement à gauche de Dax, lors des municipales de 2008, a renforcé localement le PS. Si le sortant Jean-Pierre Dufau, en place depuis 1997, ne se représente pas, il pourrait céder la place à sa suppléante Elisabeth Bonjean, à la maire de Saint-Paul-lès-Dax Danielle Michel ou au maire de la ville-centre Gabriel Bellocq. Depuis la chute de la municipalité UMP de Dax, la droite reste orpheline. Jacques Forté pourrait tenter un retour en 2012. Il faudra aussi peut-être compter avec la centriste Florence Defos.
3e circonscription (Saint-Sever)
La seule circonscription landaise n'ayant jamais basculé à droite depuis 1988 reçoit le canton de Peyrehorade, ce qui devrait la marquer encore plus à gauche qu'elle ne l'est. Ici, la seule carte à jouer pour la droite serait un retrait d'Henri Emmanuelli, député socialiste élu pour la première fois en 1978, peut-être au profit de sa suppléante Monique Lubin. Ce qui pourrait profiter à l'UMP Serge Lansaman, maire d'Hagetmau, la plus grande ville de droite de la circonscription. A moins que la majorité ne réserve l'investiture à un membre du NC, à savoir Pierre Dufourcq, conseiller général de Grenade-sur-l'Adour, le seul canton dui département n'ayant jamais élu de conseiller de gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte).
A quoi faut-il s'attendre...
A priori aucun bouleversement n'est attendu dans les deux circonscriptions redécoupées, même si, en 2012, la nécessité pour le PS de renouveler ses cadres sera plus que jamais présente.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 2 juin 2010

Les noyaux durs de la 4e circonscription de l'Isère

Comme (presque) toujours lors d'une élection partielle, l'abstention a largement remporté le premier tour du scrutin du 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, destiné à remplacer Didier Migaud, nommé à la tête de la cour des comptes.
Dimanche, seuls 29,85 % des inscrits se sont déplacés aux urnes. C'est près de vingt points de moins que lors des régionales de mars dernier, qui alignaient à peu près les mêmes forces politiques et auxquelles Didier Migaud ne participait pas. Les dernières législatives, en 2007, avaient vu elles l'abstention atteindre les 39,66 %.
Dans ce contexte, nos pronostics de notre post du 16 mai étaient plutôt surévalués, même si nous avons trouvé l'ordre d'arrivée des candidats.
Avec 9987 voix (39,31 %), Marie-Noëlle Battistel arrive en tête. Un résultat qui valide la stratégie du PS, réélle ou supposée, de bétonnage de cette circonscription qui vote davantage Migaud que socialiste. Que ce soit en voix comme en pourcentage, ce score est médiocre mais les meubles sont sauvés. Depuis la création de cette circonscription en 1988, jamais le PS n'était passé sous la barre des 10 000 électeurs lors d'un premier tour d'une législative. Lors de la vague bleue de 1993, Didier Migaud avait attiré 11 888 bulletins sur son nom. Le décompte en pourcentage s'avère moins catastrophique. Marie-Noëlle Battistel atteint à peu près le score de Didier Migaud en 1997 (40,27 %). A noter également que l'appel à voter Battistel, lancé par le villepiniste Yann Casavecchia, n'a visiblement déplacé aucun suffrage.
L'UMP, qui était (officiellement) représentée par Fabrice Marchiol, atteint elle aussi un nouveau plancher. Avec 8364 votants et 32,93 %, son candidat arrive légèrement en deça du résultat de la liste UMP-NC-MPF-CPNT aux dernières régionales (8728 voix). En pourcentage, Fabrice Marchiol fait même mieux que Yann Casavecchia en 2007 (31,70 %). Pour la droite parlementaire, c'est un résultat à la fois médiocre et encourageant. Il semble en effet que le noyau dur de son électorat, dans cette circonscription, n'a pas été entamé par l'abstention, contrairement à celui de Didier Migaud (mais non du PS). Il est possible que l'absence d'étiquette UMP affichée ait un peu limité les dégâts, mais cette stratégie ne pourra que difficilement être réutilisée en 2012.
Avec 3208 suffrages et 12,63 %, les écologistes s'installent comme troisième force du secteur. Certes, ils sont loin de leurs 7103 voix des régionales de mars dernier, mais la candidate Europe-Ecologie Anne Parlange a mobilisé un noyau dépassant les 2748 électeurs toutes tendances confondues de 2007. Un score prometteur pour 2010, confirmant une nouvelle fois qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'Europe Ecologie.
Avec Mireille d'Ornano, le FN avait dépêché une militante de la première heure. Elle obtient 1881 voix et 7,4 %. L'extrême-droite est elle aussi très loin de son score de mars dernier (4291 voix) mais proche du total FN-MNR de 2007 (1972 bulletins), ce qui tend à attester qu'il s'agit ici aussi d'un noyau dur.
Le candidat du Front de gauche Laurent Jadeau attire 1730 électeurs, soit 6,81 % des inscrits. Dans notre analyse du 16 mai, nous avions établi des comparatifs comprenant toutes les forces à la gauche du PS. En l'absence de candidature d'extrême-gauche, ce mouvement reste à peu près à son niveau de 2007 (1068 voix pour le PCF) et de mars dernier (4412 voix en comptant l'extrême-gauche). Cela démontre cependant que, lorsque l'enjeu est peu important, il n'attire pas tous les électeurs d'extrême-gauche de cette circonscription.
La candidature d'Arnaud Walther, pour l'Alternative libérale, petit mouvement très critique sur le modèle social français, est restée symbolique, avec 233 voix et 0,92 %. Seule certitude: elle n'aura pas mobilisé les déçus du sarkozysme de cette circonscription.
Parallèlement à la forte abstention, cette partielle voit également un effet-loupe pour les deux principales formations de la vie politique française, qui réunissent près des trois quarts des exprimés de ce premier tour.
Un phénomène qui se confirme dans la géographie électorale de cette circonscription, qui n'aura vu, dans aucune commune et a fortiori aucun canton, aucune des autres forces en présence arriver en tête.
Marie-Noëlle Battistel est première dans six cantons sur dix. Elle obtient la majorité absolue à Corps, où elle est implantée, et obtient 64,29 % dans sa commune de La Salle-en-Beaumont.
Fabrice Marchiol est en tête dans les autres cantons, dont celui de La Mure mais de seulement 34 voix, ce qui confirme la relative défiance de ce canton ouvrier pour le maire de la ville-centre. Dans cette dernière, il remporte 53,49 % des voix exprimées.
Mis à part quelques surprises, la géographie électorale actuelle est respectée. La gauche domine la plupart des centres urbains, malgré une forte abstention, et la droite s'impose de plus en plus à mesure qu'on se rapproche du Vercors et de ses contreforts, où l'électorat modéré et conservateur est plus proche.
Quelques exceptions sont à signaler.
A Villard-de-Lans, canton à droite depuis 1979, Marie-Noëlle Battistel est en tête avec 35,1 % des exprimés, peu avant Fabrice Marchiol (32,50 %). Il semble que la candidate écologiste Anne Parlange (19,50 %) ait davantage siphonné de voix de droite que de gauche, dans ce secteur assez péri-urbanisé. Elle arrive d'aileurs deuxième avec 29,82 % des exprimés à Saint-Nizier-du-Moucherotte, commune du versant grenoblois du massif.
A Bourg-d'Oisans, canton détenu par la gauche depuis 1998, les scores sont tout aussi serrés. Fabrice Marchiol fait la course en tête avec 39,9 % et onze communes sur vingt-et-une, Anne-Marie Battistel s'adjugeant 36,5 % des exprimés. A y regarder de plus près, il ne s'agit cependant que d'une demi-surprise. Dans certaines communes, les votes se distribuent logiquement: respectivement 63,11 et 40,50 % pour l'UMP dans les stations de L'Alpe-d'Huez et de Vaujany, 44,24 % pour le PS dans la commune ouvrière de Livet-et-Gavet. Encore sociologiquement très clivé, de tradition radicale, ce canton passe assez régulièrement de droite à gauche depuis 1958.
A quoi faut-il donc s'attendre pour ce second tour dimanche 6 juin? Très probablement à une victoire du PS, mais cependant pas aussi large que depuis 1997.
La forte abstention de ce premier tour aura au moins mis à nu les noyaux durs de chaque force en présence. Au delà se situent le bonus électoral, qui permettait depuis 1993 à Didier Migaud de dépasser le quantum socialiste, ainsi que l'électorat centriste, qui pesait tout de même encore 3000 bulletins en 2007, et qui semble s'être littéralement évaporé.
Après la traditionnelle chasse aux abstentionnistes de cet entre-deux-tours, la reconquête de ces deux électorats qui se confondent sûrement en partie sera l'un des enjeux de 2012.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 27 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Isère

C'est dans le nord du département, très péri-urbanisé et soumis à l'influence électorale de l'agglomération lyonnaise, qu'est créé un dixième siège.
1ere circonscription (Grenoble I, II, IV)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Echirolles)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Grenoble III, V, VI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Vif)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Egrève)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Bourgoin-Jallieu Nord)
Le redécoupage enlève ici les cantons péri-urbains de La Tour-du-Pin et de Pont-de-Beauvoisin, à gauche respectivement depuis 2008 et 2001. Ne restent que des cantons penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte). Sur ces quatre-là, seul celui de Bourgoin-Jallieu Nord, ancien fief du gaulliste Paul de Belval, est passé au PS en 2008. Les deux seuls espoirs du PS seraient que le député UMP sortant, Alain Moyne-Bressand, en place depuis 1986, ne se représente pas, et/ou que le FN parvienne à provoquer une triangulaire dans ce secteur où il demeure assez présent. Benoît de Belval pourrait prétendre à l'investiture UMP. A gauche, le seul conseiller général PS de la circonscription, Bernard Cottaz, pourrait lui disputer ce siège.
7e circonscription (Roussillon)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont ôté les cantons formant le sud de l'agglomération berjallienne et la ville nouvelle, et ajouté Beaurepaire et le sud de celui de Roussillon. Cette circonscription perd donc sa partie urbaine du nord, dominée par la gauche mais avec le gros réservoir de droite de la ville de Villefontaine, au profit du canton de Beaurepaire, qui a toujours voté socialiste sous la Ve République, et d'une bonne partie de l'agglomération ouvrière de Roussillon, où la gauche reste très influente. Au milieu subsistent des cantons globalement à droite, dont La Côte-Saint-André et Roybon, qui ont toujours soutenu cette sensibilité depuis 1958. Le cas de Saint-Jean-de-Bournay est un peu différent. S'il penche globalement à gauche sur cette dernière période (en orange sur la carte), il est détenu depuis 1985 par l'actuel député UMP Georges Colombier. Il est fort possible qu'il ne se représente pas en 2012. La compétition pourrait alors opposer Yannick Neuder, maire UMP de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et Didier Rambaud, vice-président PS du conseil général, implanté au Grand-Lemps, et surtout s'avérer très ouverte.
8e circonscription (Vienne)
L'ancien bastion de Louis Mermaz est amputé de sa partie sud, avec le départ de Beaurepaire et de la partie la plus peuplée du canton de Roussillon vers la nouvelle 7e. Autrefois dominante, la gauche est ici clairement défavorisée. Face à Vienne-Sud et au canton péri-urbain d'Heyrieux, Vienne-Nord est la seul canton de la circonscription a n'avoir jamais voté à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Le député UMP sortant Jacque Remiller n'a pas trop de souci à se faire. A moins que le conseiller général de Vienne-Sud Patrick Curtaud lui succède, face au PS qui pourrait investir Erwann Binet, son homologue de Vienne-Nord.
9e circonscription (Voiron)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Bourgoin-Jallieu Sud)
Ce nouveau siège chevauche les trois anciennes circonscriptions du nord du département. Il est majoritairement urbain et suit le tracé de l'autoroute Lyon-Chambéry, ce qui pourrait lui conférer une sociologie électorale mouvante, au gré de la pression foncière. Sur le papier, gauche et droite semblent partir avec les mêmes chances. La première domine globalement depuis 1958 les cantons de L'Isle-d'Abeau et de La Verpillière, la seconde ceux de Pont-de-Beauvoisin et de La Tour-du-Pin. Au milieu, Bourgoin-Jallieu Sud est indécis depuis sa création en 1985: d'abord divers droite puis PS depuis 1998. Cependant, le PS et ses alliés ont conquis tous ces cantons entre 1994 et 2008. Les socialistes pourraient envoyer Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu, à moins qu'ils soutiennent Serge Revel, conseiller général écologiste de Pont-de-Beauvoisin. A droite, l'ouverture pourrait aussi être de mise, avec notamment Raymond Feyssaguet, le maire sans étiquette de Villefontaine, seule ville du secteur à échapper à la gauche, ou Andrée Rabilloud pour le Nouveau Centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Dans un Nord-Isère totalement verrouillé par la droite depuis 2002, le redécoupage renforcera incontestablement cette dernière dans les 6e et 8e circonscription, mais la fragilisera peut-être dans la 7e. Surtout, le jeu pourrait être très ouvert dans la nouvelle 10e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 23 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Indre-et-Loire

Ce département, qui ne figurait pas au départ sur le tableau du redécoupage, voit se deux premières circonscriptions légèrement remodelées. Une révision du projet initial après l'avis de la commission constitutionnelle, pour motifs démographiques.
1ere circonscription (Tours)
Les sept cantons de Tours sont réunis, après l'arrivée de Tours Nord-Est en provenance de la 2e circonscription. Bien que penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), ce canton est détenu par le PS depuis 2004. Ce qui devrait a priori renforcer le député socialiste sortant Jean-Patrick Gille. L'UMP, de son côté, pourrait investir à nouveau l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, afin qu'il tente de récupérer ce siège détenu entre 1997 et 2004.
2e circonscription (Amboise)
L'ancien fief de Bernard Debré se ruralise légèrement en perdant Tours Nord-Est. Mis à part le canton péri-urbain de Montlouis-sur-Loire, où gauche et droite arrivent à parité en nombre de mandats depuis sa création en 1985, les autres sont classés plutôt à droite depuis 1958. Cependant, ils ont tous basculé à gauche entre 2001 et 2008, sauf Château-Renault. Ce qui n'a pas empêché l'UMP d'être élue régulièrement ici depuis 2002. Titulaire du siège depuis 2007, Claude Greff part avec de sérieuses chances en 2012. Le PS pourrait investir face à elle Isabelle Gaudron, implantée à Amboise.
3e circonscription (Montbazon)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Joué-lès-Tours)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Cyr-sur-Loire)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce petit redécoupage ne devrait pas provoquer de séisme. Au contraire, la tendance pourrait être au renforcement des sensibilités actuelles dans les deux premières circonscriptions.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 16 mai 2010

Les Verts peuvent-ils arriver en deuxième position dans la 4e de l'Isère?

Le départ de Didier Migaud à la Cour des Comptes provoquera, le 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, une partielle dont l'issue ne semble pas si évidente.
En investissant Marie-Noëlle Battistel, maire de La Salle-en-Beaumont, suppléante de M. Migaud, en ticket avec Michel Baffert, qui a succédé à ce dernier à la mairie de Seyssins, le PS joue la sécurité.
Taillée dans le sud de l'Isère, cette circonscription, qui ne figure pas sur le tableau du redécoupage Marleix, est davantage "migaudienne" que socialiste.
En 1995, si elle votait majoritairement pour Lionel Jospin au second tour de la présidentielle (51,81 %), c'était avec 28 835 voix et 19,94 % d'abstention. Alors qu'aux législatives de 1997, Didier Migaud obtenait au second tour 29 630 bulletins avec une participation de 67,88 %. Il était alors en Isère le seul député de gauche, dans une circonscription ayant voté à gauche à la présidentielle, à gagner en voix. Contrairement à Michel Destot (moins 2416 suffrages dans la 3e), François Brottes (moins 2708 dans la 5e) et surtout Gilbert Biessy (moins 6249 dans la 2e), il est vrai seul en lice après le premier tour.
Un phénomène qui s'est accru en 2007. Lors du second tour des législatives Didier Migaud l'emportait très largement avec 62,76 % des exprimés, alors que la circonscription s'était montrée légèrement sarkozyenne, quelques semaines auparavant, lors du second tour de la présidentielle, avec 50,70 % des exprimés au second tour en faveur de l'actuel locataire de l'Elysée.
La majorité espère sans doute capitaliser ce résultat, lors de cette partielle, ce qu'elle n'avait pu faire pour les législatives. Véritable miraculé du suffrage universel lors de la vague bleue de 1993, lors de laquelle il est parvenu à vaincre le puissant maire RPR de L'Alpe-d'Huez Jean-Guy Cupillard, Didier Migaud a depuis bien élargi son assise.
A cet égard, la désignation du ticket Battistel-Baffert peut donc être interprétée comme une volonté du PS de "blinder" ce siège (tout comme on pourrait émettre l'hypothèse que ces deux proches collaborateurs du sortant seront là pour "garder la boutique" en attendant son retour de la Cour des Comptes).
Mais contre qui?
Une première réponse réside dans un examen des forces en présence. Il convient de les mesurer en voix, pour faire ressortir le potentiel de mobilisation de chacune, et en pourcentage des inscrits, afin de prendre en compte les effets de seuil (12,5 % pour un maintien au second tour).
Face à Marie-Noëlle Battistel se présenteront Fabrice Marchiol (UMP), Anne Parlange (EE-Verts), Laurent Jadeau (FG-PCF), Mireille d'Ornano (FN) et Arnaud Walther (AL-PLD).
Lors des législatives de 2007, le PS avait obtenu au premier tour 23 751 voix (27,80 % des inscrits), la droite classique (UMP+MPF) 17 093 (20,01 %), les écologistes toutes tendances confondues 2748 (3,22 %), les actuels courants du Front de gauche avec l'extrême-gauche (LCR+PCF+LO) 2386 (2,79 %), et l'extrême-droite (FN+MNR) 1972 (2,31 %). Le centre (MoDem) pesait de son côté 3041 voix, soit 3,56 % des inscrits.
Le dernier scrutin ayant opposé des listes sur tout le territoire de la circonscription, lors desquels Didier Migaud était absent, furent les régionales de mars 2010.
On y retrouvait à peu près les mêmes forces qu'à cette partielle: une liste PS, une liste UMP-NC-MPF-CPNT, une liste Europe-Ecologie, une liste Front de gauche, une liste FN, et une liste Spartacus qu'on pourrait rapprocher de la candidature Walther, plus le MoDem, LO et le NPA.
La gauche classique réunissait cette fois au premier tour 11 057 voix (12,79 % des inscrits), la droite parlementaire 8728 (10,10 %), les écologistes 7103 (8,39 %), le Front de gauche et l'extrême-gauche 4412 (5,11 %), l'extrême-droite 4291 (4,97 %), et les socio-professionnels protestataires d'Opération Spartacus 619 (0,72 %). Sans oublier le MoDem, qui était à 1156 bulletins soit 1,34 % des inscrits.
Entre ces deux scrutins, aux enjeux certes différents (39,66 % d'abstention en 2007, 50,73 en 2010), gauche et droite classiques ont rencontré chacune des difficultés.
La première a vu fuir une partie de ses électeurs vers les écologistes, et le Front de gauche et l'extrême-gauche. Si le PS perd 12 694 suffrages, les deux autres blocs en gagnent respectivement 4355 et 2026.
Les supporters de Didier Migaud semblent être restés pour moitié fidèles au PS, un quart choisissant d'autres forces de gauche, le dernier quart se réfugiant dans l'abstention.
La majorité, de son côté, subit elle aussi une déperdition de la moitié de ses votants: 8365 de moins entre 2007 et 2010. Une grande part s'est abstenue massivement, les autres, sans doute une partie de ceux "siphonnés" par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, et qui ont choisi de le soutenir en votant UMP aux législatives, sont revenus dans le giron du FN, puisque celui-ci enregistre un gain de 2319 bulletins (en comptant les voix MNR de 2007). La présence de la liste Spartacus a peut-être empêché certains déçus du sarkozysme de s'abstenir.
A noter aussi la dégringolade de 1885 voix du MoDem.
Alors que peut-il se passer dimanche 30 mai? En mars, Europe-Ecologie se trouvait à un peu plus de 1600 voix derrière l'UMP. Nul doute que les écologistes, l'opposant de longue date à l'autoroute A 51 Gérard Leras en tête, tablent sur une seconde place qui éliminerait purement et simplement la droite classique du second tour... afin de mieux récupérer une partie de ses suffrages pour battre le PS au second, à l'instar de ce qui s'était passé à Grenoble lors des cantonales de 2004. Ils comptent surtout sur une réédition, à fronts renversés, du séisme du 27 septembre 2009, dans la 10e circonscription des Yvelines, lorsque leur candidate manqua de cinq voix de souffler le siège de Christine Boutin à son suppléant.
Les rares victoires vertes aux législatives se sont souvent produites sur des dossiers contestés d'aménagement du territoire, comme en Eure-et-Loir en 1997 (troisième aéroport parisien) ou en Loire-Atlantique en 2007 (nouvel aéroport de Nantes). L'autoroute A 51 ayant beaucoup de plomb dans l'aile, et la rocade nord de Grenoble se trouvant trop loin de cette circonscription, le Verts ne pourront compter que sur l'élan de leurs excellents résultats aux dernières régionales pour tenter de dépasser la droite. L'absence de candidat MoDem pourrait cependant leur profiter.
S'ils approchent ou égalent ce résultat de 7103 voix, leur score sera de toute façon historique, le dernier record du total des voix écologistes à une législative dans cette circonscription ayant été obtenu en 1993 avec 5807 votants.
L'hypothèse d'une triangulaire semble en revanche très mince, au vu des pourcentages d'inscrits donnés plus haut, l'abstention, toujours très forte lors des partielles, promettant d'être au moins égale à celle de mars dernier. Il est même possible qu'aucun candidat n'atteigne les 12,5 % requis.
Même sans Didier Migaud, le PS, qui détient de nombreux leviers de commande de la circonscription (cinq cantons sur dix avec les apparentés, les villes du Pont-de-Claix et de Seyssins), devrait arriver en tête. Même s'il ne récupère que très peu de suffrages par rapport aux régionales, il devrait tout de même lui aussi profiter de la disparition du MoDem, et surtout du soutien inattendu du candidat UMP de 2007, le villepiniste Yann Casavecchia, qui comptait un temps se présenter en dissident (Grenews du 5 mai). Ce dernier scénario aurait d'ailleurs, pour le coup, accru les chances des Verts d'être présents au second tour.
Pour finir sur le PS, notons que ses 11 057 voix de mars dernier sont à rapprocher du plus mauvais score de Didier Migaud à un premier tour: 11 888 suffrages en 1993. Ce qui ne l'avait pas empêché de l'emporter au second tour. Mais, sans lui, le PS aura tout de même intérêt à s'éloigner de cet étiage.
Le second tour, si elle y accède, ce sera le vrai problème de l'UMP, comme lors de tous les scrutins depuis la présidentielle de 2007. La situation économique actuelle va rendre plus difficiles les reports du FN, et la candidature Walther ne devrait pas mobiliser plus de quelques centaines de voix.
Avec Fabrice Marchiol, la majorité a investi le jeune maire, estimé et respecté, de La Mure, commune ouvrière votant à droite depuis l'ère Carignon. Il a cependant l'inconvénient d'avoir été tenu en échec lors des cantonales. Son suppléant, Roger Pellat-Finet, tient lui solidement le canton péri-urbain de Monestier-de-Clermont. Il est l'ancien président de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, une structure soutenant le projet de rocade nord grenobloise. Au conseil général, il siège dans le groupe charnière des non-inscrits, composé d'élus de droite votant certains dossiers de la majorité de gauche.
Assez présente sur le terrain lors de cette campagne, la droite parlementaire espère ainsi ratisser large avec cet attelage. Reste à savoir quel impact aura dans les urnes la dissidence Casavecchia, même si elle ne se traduit pas par une candidature.
Dans cette circonscription, son plafond est de 16 913 voix, en 2002, mais en comptant la candidature dissidente UDF et le résultat de CPNT. En 1993, Jean-Guy Cupillard avait atteint 16 266 suffrages.
Si l'on devait partir sur un pronostic, nous dirions:
Battistel (PS) 12 000 - 15 000 voix
Marchiol (UMP) 8000 - 11 000 voix
Parlange (EE) 4000 - 8000 voix
d'Ornano (FN) 3000 - 5000 voix
Jadeau (FG) 2000 - 4000 voix
Walther (AL-PLD) 300 - 500 voix.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 21 mars 2010

Vers un troisième tour compliqué en Corse

La liste d'union de la gauche, conduite par le président (PRG) du conseil général de Haute-Corse Paul Giaccobbi, est arrivée en tête en Corse, lors de ce second tour des élections régionales. Selon des estimations France Bleu Frequenza Mora - France 3 Corse - Media Terra, elle obtiendrait 36,7 % des suffrages exprimés contre 27,5 pour celle du président (UMP) sortant Camille de Rocca Serre, 25,9 pour les régionalistes de Gilles Siméoni et 9,9 pour les nationalistes de Jean-Guy Talamoni.
La Corse n'étant pas une région, mais une collectivité territoriale, il faut 40 % des exprimés à la liste arrivée en tête au second tour pour obtenir la majorité absolue des sièges.
L'assemblée territoriale risque donc fort de se retrouver sans majorité. Et comme au "bon vieux temps" d'avant 2004, se déroulera un troisième tour dans les jours qui viennent.
Pour le moment, il est difficile de savoir quels lapins sortiront du chapeau pour les présidences de l'assemblée et du conseil exécutif. Le fait que deux présidences sont à distribuer pourrait d'ailleurs faciliter les tractations.
L'arithmétique voudrait que MM Giaccobbi et Simeoni s'allient. Cependant, ce dernier est le principal opposant, à la mairie de Bastia, d'Emile Zuccarelli, autre baron du radicalisme en Haute-Corse.
L'ancienne majorité semble trop affaiblie pour peser, et la liste Corsica Libera de Jean-Guy Talamoni, vitrine des mouvements indépendantistes, pourrait servir de repoussoir.
Cependant, la vie politique corse est rarement avare de surprises...
Emmanuel SAINT-BONNET

Pas une voix n'a manqué à René Souchon en Auvergne

Avec presque 60 % des suffrages exprimés, selon l'AFP, René Souchon, président PS sortant du conseil régional d'Auvergne, sera dans le peloton de tête des mieux réélus de ce deuxième tour des élections régionales.
L'ancien fief giscardien semble donc être tombé définitivement dans l'escarcelle de la gauche. Si la victoire de cette dernière en 2004, avec 5,3 points d'écart, pouvait paraître comme la conséquence du combat de trop, pour l'ancien président de la République, cette fois-ci l'électorat auvergnat manifeste une réélle adhésion. Tout au moins chez les électeurs qui se sont exprimés (51 % contre 67,91 % en 2004).
Cette victoire est aussi celle du député communiste André Chassaigne, qui a décroché le record du Front de gauche, avec 14,24 % des exprimés au premier tour. Un résultat s'expliquant par le charisme du parlementaire ainsi que par les problématiques de l'emploi et de la raréfaction des services publics en zone rurale, et qui a indéniablement créé une dynamique. La fusion avec la liste de René Souchon a permis à ce dernier de rassembler toute la gauche.
En revanche, pour la tête de liste UMP Alain Marleix, élu du Cantal et surtout artisan du redécoupage électoral, la défaite s'avère cuisante.
L'examen des résultats devra s'effectuer dans le détail, pour savoir si ce basculement est conjoncturel ou structurel. En effet, alors que la gauche tient bon dans ses bastions du Puy-de-Dôme et de l'Allier, la droite pourrait se voir fragilisée dans l'avenir dans ses bases de la Haute-Loire et surtout du Cantal, au rythme des changements sociologiques le long du tracé de l'autoroute A 75.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le PS l'emporte de justesse en Champagne-Ardenne

La gauche restera aux commandes de la région Champagne-Ardenne, à l'issue de ce second tour des élections régionales.
Selon les résultats partiels du ministère de l'Intérieur, le président (divers gauche) sortant Jean-Paul Bachy l'emporterait en triangulaire, avec 42,9 % des suffrages exprimés, face à l'UMP Jean-Luc Warsmann (39,5 %) et le FN Bruno Subtil (17,6 %).
Un résultat serré dans cette région malgré tout ancrée à droite, mais un peu moins qu'en 2004, lorsque M. Bachy avait obtenu 41,89 % contre 39,82 % pour le président UMP sortant Jean-Claude Etienne et 18,28 pour Bruno Subtil.
Cette victoire, peut-être la plus étriquée pour le PS de la soirée, est donc cependant, en pourcentages, plus large qu'au deuxième tour de 2004.
En partant avec les communistes au premier tour, Jean-Paul Bachy a indéniablement créé une dynamique qui lui a permis de résister à la remontée de Jean-Luc Warsmann, qui a apparemment dépassé le total des voix de droite du premier tour.
Emmanuel SAINT-BONNET

Jean-Jack Queyranne à la majorité absolue en Rhône-Alpes

Selon les estimations de La Tribune de Genève, confirmées par celles de France 2, le président (PS) de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne aurait dépassé les 50 % des électeurs exprimés, lors de ce second tour des élections régionales.
La gauche PS-écologistes-Front de gauche progresse donc de près de quatre points depuis les précédentes régionales, en 2004 (46,50 %). La droite, de son côté, en perd à peu près autant, le FN restant stable autour des 15 %.
Ici aussi il s'agit d'un enracinement de la gauche dans cette région relativement peu sensible à ses thèses. Les résultats détaillés seront à examiner de près, mais il est fort probable que la considérable progression des écologistes depuis 2004, en pourcentage, au premier tour (de 10,09 à 17,83 %) ait joué un rôle décisif dans cette avance très nette.
Emmanuel SAINT-BONNET

Ségolène Royal dépasserait les 60 % en Poitou-Charentes

Ségolène Royal, présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, aurait obtenu 61,1 % lors de ce second tour des élections régionales, face à Dominique Bussereau (UMP). Une information divulguée par le site www.tdg.ch du quotidien suisse La Tribune de Genève. Le déroulé de cette soirée devrait révéler si la candidate PS à la dernière présidentielle est la sortante la mieux réélue de ce scrutin. C'est en tout cas pour elle un succès personnel et une progression en pourcentage. Au second tour de 2004 Mme Royal avait attiré 55,10 % des exprimés dans une triangulaire avec l'UMP et le FN. Emmanuel SAINT-BONNET

Le PS garderait la Bretagne

Selon le site Internet du quotidien suisse La Tribune de Genève, www.tdg.ch, la liste du président (PS) du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, aurait remportée la triangulaire l'opposant à Bernadette Malgorn (UMP) et Guy Hascoët (Europe Ecologie) avec 49,9 % des suffrages exprimés.
Ce résultat confirmerait donc l'enracinement des socialistes dans l'Ouest, notamment en Bretagne, gagnée par le PS en 2004 après près de trois décennies d'un lent glissement à gauche débuté avec la prise du conseil général des Côtes-du-Nord par Charles Josselin en 1976.
Emmanuel SAINT-BONNET

L'UMP aurait remporté La Réunion

L'UMP serait au moins assuré de présider le conseil régional de La Réunion, à l'issue de ce second tour des élections régionales.
Selon le site Internet du quotidien suisse La Tribune de Genève, www.tdg.ch, le candidat UMP Didier Robert, maire du Tampon, aurait remporté 45 % des suffrages, battant ainsi président (Parti communiste réunionais) Paul Vergès, gêné par le maintien de la liste PS. Une victoire qu'il aurait déjà revendiquée sur Antenne Réunion.
Cette dernière, si elle devait être confirmée, empêcherait donc le PS d'accéder au grand chelem qu'il visait, malgré la situation politique un peu particulière du Languedoc-Roussillon.
A cet égard, ces régionales ne constitueront pas une exception à cette règle qui, depuis la première désignation des conseillers régionaux au suffrage universel, en 1986, n'a jamais vu ni la droite ni la gauche diriger toutes les régions.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 15 mars 2010

L'UMP n'est plus à l'Ouest

L'adhésion ou non à la politique du président Nicolas Sarkozy a largement sous-tendus les votes, lors de ce premier tour des élections régionales, dimanche.
Force est de constater que le fameux socle électoral, dont se réclame le chef de l'Etat à chaque consultation intermédiaire, est sorti pour le moins ébréché de ce scrutin.
Dimanche, l'UMP a obtenu 5 066 826 voix. C'est un peu mieux que les 4 799 908 des Européennes de 2009, mais on est bien loin des 11 448 663 attirés par le candidat Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2007.
Abstention ou fuite vers le Front national? Sur le papier, ce n'est pas évident. Avec 2 223 760 bulletins, le parti de Jean-Marie Le Pen est loin des 3 834 530 obtenus par son chef en 2007.
Mais au plan géopolitique, le transfert apparaît plus clairement. En témoigne la carte des régions où le FN pourra se maintenir au second tour. Pas une seule du flanc est n'y échappe.
C'est cette même partie de la France qui avait permis à Jean-Marie Le Pen de se hisser au second tour de la présidentielle en 2002, et c'est une partie de ce capital électoral qu'avait siphonné Nicolas Sarkozy en 2007.
Cet électorat, notamment dans les bassins industriels en déclin, reste très instable. En témoigne la correction observée dans certaines circonscriptions populaires du flanc est (4e du Doubs, 2e de la Loire, 7e de la Meurthe-et-Moselle...) lors du second tour des législatives de 2007, après la bourde d'entre-deux-tours de Jean-Louis Borloo sur la TVA sociale.
Dimanche, l'UMP a vu filer encore un peu plus de cet électorat, reparti voter pour le FN, lorsqu'il ne s'est pas abstenu.
En difficulté avec le FN dans l'Est de la France, l'UMP n'est pas au mieux de sa forme dans l'Ouest. Si les bons résultats du PS ne sont pas une surprise dans les vieilles terres radicales-socialistes que sont l'Aquitaine, Midi-Pyrénées et dans une moindre mesure Poitou-Charentes, s'ils ne le sont plus en Bretagne, région qui a viré de bord au cours de la précédente décennie, ils étaient en revanche moins attendus en Pays-de-la-Loire (34,36 % en tête) et en Basse-Normandie (32,55 %, en tête mais cette fois en liste commune avec le Front de gauche), deux régions considérées comme gagnables par la majorité.
Surtout, l'avance socialiste y est bien plus nette qu'en 2004. Lors de ce précédent scrutin, la gauche avait créé la surprise en Pays-de-Loire en gagnant le second tour avec bien moins de réserves que la droite. En Basse-Normandie, arrivée seconde au premier tour, elle avait pu s'imposer dans une triangulaire avec le FN.
Si l'essai du PS devait être transformé dans l'Ouest au second tour, cela ne changera rien pour la majorité présidentielle sur le papier, mais sa géographie électorale en sortira un peu plus affaiblie.
Nicolas Sarkozy devra alors trouver d'autres ressorts pour s'imposer, s'il se représente en 2012, après des cantonales et des sénatoriales, en 2011, qui s'annoncent d'ores et déjà difficiles pour sa majorité, avec en toile de fond une réforme des collectivités locales qui risque fort de se heurter à une violente contestation.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 14 mars 2010

Le Massif Central rougit à nouveau

On pensait le communisme rural moribond dans le Massif Central, replié sur quelques débris géopolitiques hérités de la Résistance. Il semble, au vu des résultats officiels de ce premier tour des élections régionales en Auvergne et dans le Limousin, que le Front de gauche lui apporte un certain regain.
En Auvergne, le populaire député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, tête de liste Front de gauche, atteint la troisième place avec 14,24 %. Un score réellement inédit dans cette région plutôt conservatrice, où le communisme ne s'est jamais vraiment imposé, à l'exception du département de l'Allier.
Ce succès est davantage celui d'un homme que d'une sensibilité. L'élection d'André Chassaigne, lors des législatives de 1997, a constitué une surprise, dans un contexte de reflux communiste. depuis, il a le temps de travailler son implantation, et de se faire le porte-parole des laissés-pour-compte de la crise et des habitants des zones rurales en mal de services publics.
Ce haut niveau empêche d'ailleurs le président socialiste sortant René Souchon, qui est coiffé sur le poteau par le candidat UMP Alain Marleix.
La situation est un peu différente dans le Limousin. Dans cette région aussi le Front de gauche arrive troisième avec cette fois 13,13 %. Ici aussi la question des services publics a joué à fond, notamment dans la Creuse, département symbole de cette problématique. Le PCF conserve de beaux restes en Corrèze. En revanche, ce sont ses anciens dissidents de la tendance Marcel Rigout, fondateurs de l'ADS (Alternative démocratique et socialiste), qui gardent un maillage territorial important en Haute-Vienne. Pour finir, l'union au premier tour avec le NPA a clairement créé une dynamique, qui a elle aussi gêné le président PS sortant Jean-Paul Denanot, qui doit se contenter d'un "petit" 38,06 %, alors qu'il aurait pu espérer obtenir le meilleur score de ces élections.
Emmanuel SAINT-BONNET